mardi 9 avril 2013

The Pastels : Slow Summits


Slow Summits fait partie de ces rares disques que j'écouterai encore, j'en suis sûr, dans 30 ans, le dimanche, assis confortablement dans un fauteuil, un plaid sur les genoux, me remémorant, la gorge un peu serrée (Stephen McRobbie étant le chanteur qui me touche le plus), ces printemps perdus où je fus amoureux.

Message personnel : vous aviez donc raison Check My Heart est bien le single de l'album mais mon morceau préféré n'en reste pas moins Night Time Made Us.

 

The Pastels : Slow Summits (Domino, 2013)

lundi 8 avril 2013

Comme de petits chiens...



Pix : Mike Brodie


"Debout sous une arche percée dans un talus de chemin de fer, seul à l'abri du vent, je regardais la plage dont les kilomètres de saleté s'étalaient sous les premières ombres de la nuit, quelques jeunes gens tout près de la mer et un ou deux couples avançant hâtivement sous leurs imperméables enflés comme des voiles. Deux jeunes gens survinrent que l'on eût pu croire sortis du néant, allumèrent leurs cigarettes et leurs visages jaillirent de l'ombre sous les couleurs vives de leurs casquettes à carreaux.
L'un des deux présentait des traits agréables. Les sourcils obliques remontaient comiquement vers les tempes, nulle malice ne brillait dans les yeux noirs, chauds et profonds et la bouche était molle et charnue. L'autre avait un nez de boxeur et un menton pesant hérissé de poils roux.
Nous regardions ceux qui revenaient de la mer huileuse ; ils criaient sous la voûte pour en faire retentir les échos puis leurs voix s'éteignaient. Bientôt, il n'y eut plus un seul couple en vue ; les amoureux avaient disparu dans les dunes où ils étaient couchés parmi les boîtes de conserve vides et les tessons de l'été passé, au milieu de vieux papiers chassés par le vent et il ne restait personne qui eût gardé le moindre grain de bon sens. Les inconnus, le dos plaqué au mur, les mains au fond des poches, la cigarette rougeoyant dans l'ombre, contemplaient sans doute la masse toujours plus dense des ténèbres qui s'étendaient sur les sables déserts.Mais peut-être leurs yeux étaient-ils clos. Un train passa à toute allure au-dessus de nous et fît trembler la voûte. Il disparut, laissant après lui des nuages de fumée survoler la grève, dépouilles d'ailes et carcasses d'oiseaux noirs comme des tunnels qui se dispersaient nonchalamment ; des escarbilles tombaient d'un tamis suspendu dans les airs et les parcelles de feu s'éteignaient dans les ténèbres humides avant de toucher le sable."

Dylan Thomas, Portrait de l'artiste en jeune chien, réédition Points, 2013, p. 103-104.

Miyako Ishiuchi : Scars


Ishiuchi Miyako : Scars (Sokyu-Sha, 2005)

vendredi 5 avril 2013

Yeah, man !



Attention, malgré les apparences, J'entends Plus la Guitare n'est pas un grand film comique.

PS : Intégrale Philippe Garrel en cours au Magic Cinéma à Bobigny.

jeudi 4 avril 2013

Remplir le vide


Idéal pour lire, écrire, faire la sieste et surtout remplir le vide.

(Dedicace à Fred Electric Skies)

mercredi 3 avril 2013

Une goutte de lumière sanguine...


Pix : Dino Campana, Sibilla Aleramo et leur chien...


"Tout m'est indifférent.
Aujourd'hui ressort tout le gris monotone et sale de la ville. Tout fond comme la neige dans ce bourbier : et je sens qu'est douce cette dissolution de tout ce qui nous a fait souffrir. D'autant plus douce que bientôt la neige s'étendra inéluctablement en un linceul blanc et alors nous pourrons reposer dans des rêves plus blancs encore.
Il y a un miroir devant moi et l'horloge bat : la lumière m'arrive des portiques à travers les rideaux de la vitre. Je prends la plume : j'écris : quoi, je ne sais pas : j'ai du sang sur les doigts : j'écris : "dans la pénombre l'amante s'agrippe au visage de l'amant pour écorcher son rêve..."
(Nuit) Devant le feu le miroir. Dans la fantasmagorie profonde du miroir les corps nus s'avancent muets : et les corps las et vaincus dans les flammes inéteintes et muettes, et comme hors du temps les corps blancs stupéfaits inertes dans la fournaise opaque : blanche, de mon esprit épuisé silencieuse elle s'estompe, Eve s'estompe et m'éveille.
Je marche sous le cauchemar des portiques. Une goutte de lumière sanguine, puis l'ombre, puis une goutte de lumière sanguine, la douceur des morts. Je disparais dans un tournant mais dans l'ombre sous un réverbère blanchit une ombre aux lèvres peintes."

Dino Campana, La Journée d'un Neurasthénique, Harpo &, 2012.



Edwyn Collins : Understated


Si lui a pu se relever, pourquoi pas moi ! En tout cas, une voix amie réconforte toujours.
(C'est peut être un peu trop personnel, ce commentaire.)

Edwyn Collins : Understated (Aed Record, 2013)

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