mercredi 9 janvier 2013

Goblin : Tenebre (12" Extended)



J'ai toujours eu un faible pour les cheveux bouclés.

mardi 8 janvier 2013

Massimo Dallamano : La Lame Infernale (La Polizia Chiede Aiuto, 1974)


Houlala, ça faisait bien un siècle que je n'avais pas acheté un dvd, moi !
On a tous chialé notre mère, nous les fans de bis-cuiteries italiennes, quand Neo Publishing a rendu l'âme (petite consolation, on est maintenant content de trouver ici et là les dvds de cet éditeur à 2 € pièce), mais heureusement The Ecstasy of Films reprend aujour'hui le flambeau et inaugure sa collection Profondo Giallo avec ce film de Massimo Dallamano de 1974.

 
La Lame Infernale, qui poursuit la thématique "jeune fille" abordée précédemment par le réalisateur dans son classique Mais Qu'avez-Vous Fait à Solange, est un drôle de giallo où les codes du genre sont détournés, par exemple, l'identité du tueur, le motard à la hachette, est rapidement révélée et ne participe pas au suspens du film. En fait, le film est plus proche du poliziesco (son discours nihiliste), voire même du thriller politique classique (son enquête pépère), avec une réalisation carrée sans trop d'effets de style. C'est d''ailleurs cette position, le cul entre trois chaises, qui fait tout le charme de La Lame Infernale. Et bien sûr, le tout est sublimé par la magnifique partition de Stelvio Cipriani, dont le thème principal sera repris dans l'excellent Amer.



The Ecstasy of Films a prévu du très lourd pour ses 2 prochaines sorties, avec Torso de Sergio Martino et La Guerre des Gangs de Lucio Fulci. On va pouvoir mettre nos fichiers avi dans la corbeille et libérer un peu de place sur nos disques durs pour mieux encombrer nos étagères. Et longue vie à ce nouvel éditeur...



Massimo Dallamano  : La Lame Infernale (The Ecstasy of Films, 2012)

samedi 5 janvier 2013

Jake LaMotta : Raging Bull


Le vieil adage qui dit que "le livre est encore mieux que le film" est une nouvelle fois confirmé.

Jake LaMotta : Raging Bull (13e Note, 2013)

DJ Stingray 313 : F.T.N.W.O.


Je ne sais pas ce que vous en pensez mais on tient là l'une des plus belles pochettes de 2012, non ? Et aussi un nouveau classique from Detroit avec ce Reverse Engineering.


DJ Stingray 313 : F.T.N.W.O. (WéMè Records, 2012)

vendredi 4 janvier 2013

Jeff's back


La bonne nouvelle du jour est le retour aux affaires de Jeff sur son Journal Ultime après une année 2012 bien chargée qu'il a résumée à travers une mixtape au tracklisting alléchant :

Femminielli: Actriz
Codeine: Atmosphere
This Mortal Coil: I Must Have Been Blind
Burial: Loner
Biosphere: Fast Atoms Escape
Christophe: Ces petits luxes
Actress: Caves of Paradise
New Order: Ecstasy (Walls covered)
Clark: Black Stone
Disco Inferno: Footprints in the Snow
Aphex Twin: Lichen
Chopin: Nocturne #1 op 9/1
The Cure: Carnage Visors

Frédéric Magazine Hors Format


Une étude pour la ville de Dunkerque, voilà le discours officiel, mais on sait très bien que c'était surtout une bonne occasion de récupérer un peu de thunes publiques.
Sinon, le lancement de cet Hors Format aura lieu le vendredi 11 janvier à l'Espace d'en bas (2 rue Bleue, 75009, Paris).

mercredi 2 janvier 2013

Une shortlist de films d'amour par Poto et Cabengo

Après avoir vu Martin et Léa, j'ai demandé à Poto et Cabengo, cinéfille aguerrie, une liste de ses films d'amour favoris : quoi de mieux pour débuter cette nouvelle année que des petits coeurs qui battent la chamade ?

Martin et Léa, d'Alain Cavalier, 1978




Jusqu'à la découverte de Martin et Léa, il y a 15 ans, je tenais pour impossible de filmer une rencontre amoureuse : impossible de restituer par le jeu tout ce qui (se) passe alors entre deux êtres, impossible de documenter ce face-à-face, ce corps-à-corps sans le troubler. Cavalier filme un couple d'amis, de véritables amants comme il en existe peu : leurs regards, leurs intonations de voix, leurs mouvements, leurs corps sont absolument destinés l'un à l'autre. Chaque plan capte cette attraction commune. Parce que le moment de la rencontre, très fragile, est déjà derrière eux, mais parce qu'ils sont toujours aimantés l'un par l'autre – amantés ?–, ils peuvent rejouer leur découverte mutuelle. Cavalier a su donner à cette rencontre son écrin : un film sobre, réaliste, quotidien, presqu'entièrement tourné en chambre, où seuls quelques fondus au noir viennent enchâsser étreintes et disputes.

A regarder après, si on a le coeur bien accroché, son pendant : Ce répondeur ne prend pas de messages, de 1978 également, où Cavalier filme son propre désespoir après la mort accidentelle de sa compagne. Tête entièrement bandée, il se souvient, dans leur appartement qu'il vide de ses derniers objets. Que reste-t-il de soi après la mort d'une personne qu'on a aimée de tout son être ? Pas grand chose : quelques souvenirs, déjà plus de visage, bientôt plus de raison, ni d'images. (ndr : Dieu merci, le film n'est pas disponible sur le net et le dvd est épuisé.)



Behindert, de Stephen Dwoskin, 1974 




Encore un re-enactment: deux vrais amants rejouent leur histoire. L'amour pouvait d'autant moins s'y tricher que le film n'est que corps et regards, plongés dans un brouillard de sons et de musique électronique. Les 15 premières minutes, celles de leur rencontre, sont parmi les plus belles de toute l'histoire du cinéma : Dwoskin serre son visage à elle, dont il ne peut se détacher ; elle lui rend son regard. Emportés par la caméra subjective, on est partout, désirant avec lui, désirée avec elle. Une expérience dont on ne se remet pas.


L'Inconnu, de Tod Browning, 1927




Jusqu'où peut-on aller par amour ? La folie ou la mort paraissent bien peu à côté de la mutilation que s'inflige Alonzo. Celui qui jouait le manchot dans un cirque renonce réellement à ses bras par amour pour la fille du patron qui a en horreur les mains des hommes. Joan Crawford est belle à se damner, Lon Chaney génial d'agilité et d'une noirceur que son amour illumine. L'ouverture, où il lance avec ses pieds des couteaux qui peu à peu dénudent la belle, est affolante d'érotisme.


J'entends plus la guitare, de Philippe Garrel, 1991




Toute l'intensité et la beauté de l'extase amoureuse, fracassée sur l'impossibilité à vivre ensemble, à vivre tout court. Ici, c'est l'héroïne qui fait le fossoyeur, mais on se prend à penser que ça aurait pu être tout autre chose, l'existence pourvoyant généreusement en occasions de désespérer. Qui a dit que l'amour devait être heureux ? Un magnifique hommage à Nico, qui a partagé la vie de Garrel pendant de nombreuses années. "I have come to lie with you / I have come to die with you”.


Party Girl, de Nicholas Ray, 1958




L'amour rédempteur ? Si on a envie d'y croire une fois, c'est bien celle-là. Dans le Chicago des années 30, en pleine Prohibition, une danseuse de cabaret rencontre un avocat de la pègre, et tout entre en crise : les personnages qui voudraient échapper à leur rôle et à leur monde, le film noir qui se fait bousculer par le musical et le mélodrame, le technicolor qui est saturé à l'extrême... Toujours somptueusement belle, Cyd
Charisse est enfin incarnée et sensuelle dans ce rôle qui lui laisse pour la première fois une part maudite. Transposition réussie par De Palma avec L'Impasse, qu'on peut voir à la suite.


L'Amour fou, de Jacques Rivette, 1968




Claire devait être Hermione dans l'Andromaque que son mari, Sébastien, monte au théâtre. Et puis, allez savoir pourquoi, elle renonce. Sébastien, délicat, la remplace par son ex-femme. De répétition en répétition, la pièce s'assemble, et le couple se délite. Jalousie, dépendance, déphasage, trahison, déception et fureur de ne plus trouver chez l'autre ce qu'on voudrait désespérément y voir : tous les drames d'un amour ravagé plus qu'épuisé. La séquence de leurs retrouvailles, le temps de détruire joyeusement leur appartement, est aussi celle de leurs adieux : un îlot de désir libre et fou où on serait bien resté. Bulle Ogier ne pouvait peut-être pas être Hermione, mais personne n'aurait pû être Claire à sa place.
PS : à part ça, je n'ai jamais vu autant de pyjamas dans un film. Un grand “pajama game”, donc.
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