vendredi 2 septembre 2011

Moï Ver : Paris


 Aujourd'hui, je vous propose une page d'histoire avec le mythique Paris de Moï Ver, une version raccourcie de son nom complet, Moshé Raviv-Vorobeichic !!!
En 1924, à 23 ans, il intègre le Bauhaus où il commence à étudier la photographie, qui n'est pas encore au programme officiel. Il part ensuite pour Paris où il intègre l'Ecole technique de photographie et cinématographie, tout en suivant les cours du soir à l'Académie Moderne, où enseigne Fernand Léger.
Publié en 1931, Paris, second livre de  Moï Ver après Ein Getto im Osten - Wilna ,consacré à sa ville natale Vilnius et publié la même année, dynamite littéralement le Paris carte postale d'Eugène Atget, compilé un an avant par Berenice Abott dans Atget, Photographie de Paris.
Cut up photographique hallucinant, sous influence Bauhaus, mise en page avant-gardiste, le Paris de Moï Ver  annonce déjà, par exemple, le Moriyama le plus "abstrait", celui de Sashin yo Sayonara (Bye Bye Photography, 1972) , pour preuve la photo qui ouvre le livre, la première reproduite ici. La seule différence entre les travaux de ces 2 photographes étant les 40 ans qui les séparent. Les superpositions d'images tout comme le montage cinématographique des photos rendent parfaitement le tumulte, l'énergie et l'agressivité de la ville. Moï Ver en restera là pour la photo et partira en Palestine se consacrer à la peinture.
Vous vous doutez bien que ce livre a longtemps été inabordable, à moins de demander à ses parents d'hypothéquer leur pavillon, mais en 2004 Karl Lagerfield, par le biais de sa maison d'édition 7L (affiliée à Steidl), a édité un magnifique fac-similé à 1000 exemplaires (toujours disponible à la librairie 7L).

Moï Ver : Paris (Edition 7L, 2004)

mardi 30 août 2011

Modern English : Dance Of Devotion (A Love Song)


Ce titre de Modern English me ramène à cette époque où j'empruntais encore des vinyles à la discothèque municipale. Mes choix se basaient généralement sur les pochettes, du coup, je me retrouvais souvent avec des disques 4AD ou Factory dans les mains, normal ! C'est comme ça que j'ai découvert Durutti Column avec The Guitar And Other Machines et Modern English avec Mesh & Lace, leur premier album qui se clôture en apothéose avec ce Dance Of Devotion (A Love Song).

Grâce à tous ces 33 tours que je ramenais à la maison, la platine Thorens de papa a eu le droit à une seconde vie, trônant par terre en plein milieu du salon, attention à ne pas se prendre les pieds dans les fils ! une belle revanche sur la platine CD qui l'avait un temps reléguée au fond du placard de la chambre d'amis, au-dessus des manteaux démodés suspendus que maman ne mettait plus (ils y sont toujours mais maman n'est plus), juste à côté des vieux draps qu'on laissait enfin dormir tranquillement. Je me souviens avoir écouté en boucle sur cette machine cette étrange love song. J'étais totalement fou, je le suis encore, du son brut de la batterie, soutenue par la sublime ligne de basse, qui explosait après la longue intro cauchemardesque.

Je découvrais ce Mesh & Lace incandescent qui brûle ses 8 titres parfaits dans une énergie toute juvénile à vous donner des frissons, littéralement ! Mieux que ça , j'avais enfin mis la main sur ce 3ème album de Joy Division qui n'existe pas, un Joy Division bien vivant, plus fiévreux que jamais et moins cérébral. Un Joy Division qui chlingue des dessous de bras.

lundi 29 août 2011

Christophe Honoré : Les Biens-Aimés



Evidemment, il serait facile de railler ce film : et j'te refais le coup des chansonnettes, on reprend les mêmes et on recommence, les Ludivine Sagnier, Chiara et autre Louis Garrel, une pincée de sida parce que j'suis un réal' gay, la mort parce qu'il n'y a rien de plus triste etc. Trop facile.
Le film prend son temps, c'est tout d'abord agaçant mais, au final, ça se révèle être l'une de ses principales forces.
Dans le premier tiers, il déçoit donc : la reconstitution des 60's est théâtrale et désincarnée, les personnages évoluent comme des pantins dans des décors en carton-pâte. En étant conciliant, je pourrais me dire que Christophe Honoré déréalise volontairement cette partie pour lui donner la forme d'un souvenir enfoui dans la mémoire de Madeleine, le personnage central. Dans le second, il ennuie gentiment :  les années 80, le rock, les amours impossibles... autant de thèmes rabâchés que l'on sent néanmoins tendre vers quelque chose de plus subtil. Puis, dans le dernier, tout s'emballe : le tragique, jusqu'alors latent, prend corps. La mort survient mais, à la différence des Chansons d'Amour, elle ne prend pas par surprise le spectateur, qui connaît un peu les ressorts du réalisateur. Un torrent de larmes vient tout de même emporter Les Bien-Aimés, mais de façon plus insidieuse, avec une Catherine Deneuve impériale face aux Temps Qui Changent.
Catherine, je t'aime, depuis toujours et de plus en plus.


PS : Honoré réussi l'exploit de brider le petit Garrel, c'est pas rien !

samedi 20 août 2011

Braindance Machine Mixtape - An Hearsute Tribute


Mon humble hommage au label Rephlex avec cette mixtape, regroupant une quarantaine de titres (c'te casse tête !) en un peu plus d'1 heure 40, autant dire que vous en aurez pour votre argent !

Electronica, dubstep, pop, jungle, electro, breakcore, easy listening, Detroit techno, rock, 8-bit music, acid... tout y passe ou presque !

En toute modestie, je trouve ce mix (avec les pieds) assez génial, pour la simple raison qu'il m'a permis de retrouver mes 20 ans.


Enjoy !

 

Tracklist :

Kinesthesia : Flicklife
D'arcangelo : Fate In Us
DMX Krew : Adrenalin Flow
Lisa Carbon Trio : Corazon Loco
Ensemble : Proposal 6
Humanoid : Stakker Humanoid (Snowman Mix)
Stakker : Eurotechno (Part 16)
Universal Indicator : Untitled
Baby Ford : Normal (Helston Flora Remix By AFX)
The Gentle People : Laurie's Theme (Global Goon Remix)
JP Buckle : Kiss Me Quick
Bochum Welt : Radiopropulsive
Fuschimuschi : Super Sexy Lady (12" Mix)
Slipper : Driving Me Sane
La La Jones : You're The One (Part Two) (Cylob's Mix)
The Kosmik Kommando : Power User
Chimera : En Route
µ-Ziq : Tango N' Vectif
Chaos A.D. : Male Pill Part. 6
Bogdan Raczynski : Untitled 22- Boku Mo Wakaran
Ovuca : Daisy
Kiyoshi Izumi : Bedroom Glow
Bodenstandig 2000 : Pogos Abenteuer
Cylob : Diof 97
Leila : Don't Fall Asleep
Amen Andrews : London
Squarepusher : Tundra
Chaos A.D. : Psultan (Squarepusher Mix)
Kode9 : Sub-Kontinent
Razor X Productions : Killer Queen (Ft. Warrior Queen)
Aphex Twin : .215061
Urban Tribe : Discrete Waveform
Zwischenwelt : Clairvoyant
P.P.Roy : Keep Telling Me What To Do
Sam & Valley : Diddle, Diddle
The Gentle People : Groovin' With You

mardi 19 juillet 2011

Empirical Sleeping Consort : I've Got Tears In My Ears From Lying On My Back Catatoning Over You, Dear


A l'époque où j'ai découvert cette musique, je portais encore des t-shirts Blur et Pulp, des britons qui selon certains étaient censés jouer de la "musique pas comme les autres", la blague !

Heureusement, il y avait mes indus boys, Vidal et Vérol, chez qui l'on se réfugiait les après-midis pour écouter Coil, SPK , Nurse With Wound, Death In June ou Empirical Sleeping Consort et échapper aussi aux TD de linguistique.

Sur le moment, je ne pensais pas que cette musique allait me marquer aussi profondément.

Of Swift Flight enchainé à Devils of Conscience Breathing forment les 17 minutes les plus envoûtantes que j'ai écoutées cette année !

I've Got Tears In My Ears... est le deuxième album d'Empirical Sleeping Consort, il, est précédé en 1990 par le franchement plus ardu Aegri Somnia Vana  et suivi en 1994 du presque "warpien" The Layers Of Awakening. 3 albums et puis s'en vont.


Empirical Sleeping Consort : I've Got Tears In My Ears From Lying On My Back Catatoning Over You, Dear  (Dragnet Records, 1993)

mardi 5 juillet 2011

Black Zone Myth Chant : Straight Cassette



J'aime vraiment quand les mecs laissent tourner leurs machines toutes seules. J'aime vraiment quand ma copine me dit "mais c'est pas de la musique ton truc-là !".

Black Zone Myth Chant : Straight Cassette  (Winged Sun Records, 2011)

dimanche 3 juillet 2011

Alain Cavalier : L'Insoumis (1964)




Enfant, j'adorais les films policiers avec Alain Delon parce qu'à la fin les personnages qu'il interprétait finissaient quasiment toujours par mourir. A l'époque, je ne savais pas que ce rituel avait débuté dès 1964. En préambule, je tiens aussi à préciser  que, pour moi, le Alain Delon des sixties est de loin le plus beau gosse du cinéma.

Nous sommes quelques-uns à le savoir mais il est toujours bon de le rappeler : Alain Cavalier n'a pas attendu l'invention de la DV pour être ce cinéaste génialement atypique, preuve en est avec son deuxième film.

L'Insoumis débute comme un polar politique en Algérie, du côté OAS, juste après le Putsch des Généraux, vire au film d'amour passionnel et se termine dans une ferme au Luxembourg. Alain Cavalier ne fait rien pour séduire son public, et d'autant plus son public de l'époque : le personnage principal est antipathique (par la grâce de Cavalier, ce légionnaire déserteur finira néanmoins par émouvoir le spectateur), et le cadre de l'histoire s'inscrit dans une actualité des plus controversées (et non ! Le Petit Soldat de Godard n'est pas le seul film français de l'époque à aborder frontalement la Guerre d'Algérie !).

Ce qui frappe aussi, c'est cette approche déjà très intériorisée, intimiste, des personnages et de leur psychologie, une approche qui deviendra petit à petit la marque du réalisateur. Et puis il y a cette magnifique partition de Georges Delerue aussi émouvante que discrète : "Avec Georges Delerue, nous avons décidé de ne commencer à entendre l'orchestre qu'après 50 minutes de film. Au moment où le héros comprend qu'il peut mourir. Cette entrée tardive, je me souviens, était si réussie que le spectateur n'était pas surpris mais simplement pris par la main pour aller ailleurs, vers un pays plus vaste que l'image" (Alain Cavalier interviewé par Stéphane Lerouge dans le CD Le Mépris de la collection Ecoutez le Cinéma)


Comme avec son premier film, Le Combat dans l'île, Alain Cavalier fait évidemment un bide avec L'Insoumis. Il connait un tout petit peu plus de succès avec les 2 suivants, Mise à Sac (pas vu !) en 1967  et La Chamade (sublime !) en 1968. Un début de reconnaissance qui ne l'empêcha pas de s'éclipser 8 années, avant de revenir avec le génial Le Plein de Super en 1976.

Alain Cavalier méritait amplement la gloire que connurent ses pairs de la Nouvelle Vague mais l'histoire en décida autrement. Collaborer avec Delon, Deneuve ou Delerue n'y changea malheureusement rien.

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