jeudi 10 mars 2011

Bruno Podalydès : Liberté-Oléron (2000)


Totalement sous-estimée, Liberté-Oléron est à mes yeux la meilleure comédie française de ces, disons, 20 dernières années !
Le film a sûrement pâti de son humour décalé et de son sens de l'absurde (goût pour le néologisme, le fameux running gag de la glaviole)  mais aussi de ses aspects quelque peu sinistres (les vacances en famille, la traversée finale, le jardin de madame), autant d'éléments qui le place en dehors des sentiers battus.
Tout ça pour dire que Liberté-Oléron fait parti de ces trop rares films qui arrivent à me rendre hilare à chaque vision. Les frères Podalydès y sont à leur top !

jeudi 3 mars 2011

Joël Séria : les Deux Crocodiles (1987)


Jean-Pierre Marielle, accompagné de Jean Carmet, revient chez Joël Séria en 1987 dans ce film haut en couleur qui s'inscrit de prime abord dans la veine des Galettes de Pont-Aven et ... Comme la Lune.
Généralement, on retient à tort de ces comédies licencieuses leur seule grivoiserie en omettant leur aspect sombre et glauque. Si Les Deux Crocodiles peut paraître plus anecdotique que ces deux prédécesseurs, ce film, malgré son happy end, a le mérite de rendre encore plus palpable le monde sordide et malsain dans lequel nous a toujours plongé Séria !
Le réalisateur nous peint aussi dans ce road movie de la lose un beau portrait de notre campagne bretonne !
Encore une  fois, Les Deux Crocodiles reste inédit en DVD mais peut se mater ici.

lundi 28 février 2011

Serge Leroy : La Traque (1975)


Le genre de film que vous ne verrez malheureusement plus jamais le dimanche soir sur TF1.  
La Traque est un survival normand où une joyeuse bande de copains (les trognes 70's incroyables de  Jean-Luc Bideau, Michel Lonsdale, Jean-Pierre Marielle, Michel Constantin et Philippe Léotard), sorte de rednecks  sauciflard et pinard, chasse un joli gibier, la fragile Mimsy Farmer (oui ! la même que Il Profumo Della Signora In Nero).
Le réalisateur Serge Leroy (oui ! le même qu'Emmanuelle 4, en fait c'est Francis Leroi, désolé !) s'impose ici comme un Peckimpah franchouillard d'une rare virulence. Au programme de cette perle noire:  lâcheté, misère sexuelle, hypocrisie, orgueil...de ces petits notables provinciaux.
Un véritable trésor caché à ce jour inédit en DVD !

vendredi 25 février 2011

François Leterrier : Je Vais Craquer (1980)



Pas facile d'être un jeune cadre dynamique trentenaire, avec bobonne à la maison et 3 mouflets, quand on se rêve écrivain. Heureusement, le chômage va changer tout ça !

Le film qui vous fera adorer Christian Clavier !

mardi 15 février 2011

Reload : A Collection Of Short Stories


Je m'en allais écrire un post sur le dernier Mogwai, groupe sur lequel je ne me suis jamais attardé, mais leur post-rock tellement daté m'a à ce point déprimé que j'ai préféré ressortir un bon vieux disque d'electronica des 90's.

Faisons simple, n'y allons pas par quatre chemins : A Collection Of Short Stories est à mon sens le meilleur disque d'electronica de tous les temps.

Derrière Reload se cachaient Tom Middleton et Mark Pritchard (on attend avec impatience le  prochain disque de ce dernier sous le pseudo d'Africa Hitech !). Ces deux là signeront au cours des années 90 une bonne floppée de classiques sous divers noms comme  Jedi Knights (l'album electro revival New School Science), Link  & E261 (le maxi Antacid) ou encore Global Communication (l'album ambient  76:14).

Bien que sorti en 1993, A Collection Of Short Stories compile déjà toutes les facettes de la musique électronique qui va baigner cette fin de siècle, hardcore (Teq), mélodique (Le Soleil et la Mer ), indus (Rotalink), ambient (The Enlightenment)... En somme, tout le catalogue Warp en un seul disque.

Notons aussi une pochette  intrigante et, à l'époque, bien loin de l'imagerie habituelle pour ce type de production.

L'album sera publié sur Infonet, sous division du label Creation dédiée à la dance music.

 

Reload : A Collection Of Short Stories (Infonet, 1993)

samedi 8 janvier 2011

Jim Goldberg : Rich & Poor

 


Je vais commencer par vous raconter ma vie puisqu'il parait que c'est ce qui intéresse les lecteurs de blogs. Rich & Poor est depuis des années sur ma liste des livres hautement convoités. Moe's me l'a gentiment posté en échange de quelques chiffres pianotés sur Paypal. Vous allez bien sûr me demander qui est ce Moe's ? Moe's est une librairie mythique de Berkeley, juste en face de San Francisco, qui fut un véritable repère de beatniks dans les 60's. Il y a quelques années je suis allé à San Francisco avec en tête une idée fixe, ne rentrer à Paris qu'à  la seule condition d'avoir mis la main sur un exemplaire de Conversation With The Dead de Danny Lyon. Et devinez quoi ?... Ouais, gagné ! Le rayon livres de photos de Moe's se résumait à quelques petites étagères mais il était bien là.

Revenons à Rich & Poor, premier livre de Jim Goldberg malheureusement éclipsé par le suivant, le mythique Raised by Wolves.

Les idées les plus simples simples sont parfois les meilleures. Jim Goldberg a commencé par photographier en 1977 des familles pauvres logeant dans des hôtels. Il  a ensuite demandé à ses sujets de raconter leur histoire puis d'écrire à la main sur leur photo ce qu'ils pensaient de leurs images. Lucide, le photographe s'est rendu compte que le résultat était un poil trop complaisant dans le genre "The American Dream : Poverty, Sadness & Pain"

Pour ajuster son point de vue, il a donc décidé de s'inviter chez les riches. Tout d'abord évidemment rempli de préjugés négatifs, Jim Goldberg a petit à petit dépassé ses a priori pour entrer en empathie avec ses nouveaux sujets.

Le plus étonnant dans ce jeu des contrastes est que le sentiment de solitude est paradoxalement bien plus prégnant chez les riches que chez les pauvres. Le fait que Jim Goldberg a, consciemment ou inconsciemment, cadré plus serré ces derniers n'y est évidemment pas pour rien. Les petits malins me diront que c'est normal puisqu'il disposait de moins de recul dans ces chambres d'hôtels pourries.

Jim Goldberg : Rich & Poor (Random House, 1985)

mercredi 5 janvier 2011

Kōji Wakamatsu : Les Anges Violés / Okasareta Hakui (1967)


 
 
 
 
 
 

Les Anges Violés contient les dix dernières minutes de cinéma les plus belles du monde.

Le film est adapté d'un fait divers ayant eu lieu à l'époque à Chicago où un homme tua plusieurs nurses dans un dortoir d'infirmières. Wakamatsu dans les dernières minutes du film transforme le bourreau froid et sanguinaire en une victime, la victime d'une société japonaise coercitive n'engendrant que de la frustration, qui trouve enfin la paix dans le regard de la dernière infirmière survivante.

Cette séquence de rédemption, à la fois onirique, mélancolique et nihiliste, vient clore le film avec émotion et poésie, avant d'être brutalement interrompue par l'arrivée de la police. La musique de Koji Takamura qui illustre cette scène est  tout simplement sublime, à tel point que je me suis pris la tête à l' isoler pour vous depuis le DVD.



Dans les derniers secondes du film, Wakamatsu replonge brutalement son film dans la réalité en usant, assez génialement, d'images d'archives et d'extraits sonores de journaux décuplant, en seulement quelques plans, sa virulente charge politique.
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