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jeudi 27 mars 2014

Art ludique


Orgasmes multiples assurés pour les fétichistes du crayonné et de l'encrage comme pour ceux du détourage et du pinceau numérique à l'expo Marvel.

dimanche 17 novembre 2013

Richard Corben


Un des secrets les mieux gardés de la BD mais aussi un des dix plus grands auteurs de ce médium. La bibliographie de Richard Corben, dessinateur et scénariste prolifique et séminal comme un souleveur d'althères texan, est digne d'une frise chronologique métazoïque. Les séquences s'enchaînent, se chevauchent sur plus de 40 années de créativité débridée : période Underground, Den/Métal Hurlant, SF apocalypique sous influence "Planet of the apes", autoproduction avec Fantagor Press, dinosaures préfigurant Jurassik Park, Super Héros avec des adaptations de Batman, Cage, Hulk, Punisher, Swamp Thing, Ghost Rider...

Inutile de souligner tout ce que lui doit le cinéma. De Steven Spielberg, Joe Dante à Riad Sattouf (qui a récemment préfacé Bigfoot chez Toth) en passant par ce benêt de Besson (le chauffeur de taxi post-Moebius du "Cinquième élément" incarné par Bruce Willis s'appelle Korben Dallas). 

Le style de Corben, c'est une hallucination de couleurs à l'aérographe, une science du corps à corps, des torsions de chairs recopiées depuis des figurines sculptées avec un bout de langue appliquée dépassant de la lèvre. Et des scénarios tellement parfois tellement bourrins et qu'ils en deviennent abscons et confinent dans leur surréalisme, au poètique. Corben est un monde à lui tout seul.

Ce premier tome de sa collaboration avec Warren Publishing, prolifique période dans les années 70, juste après ses débuts dans le fanzinat underground, va faire plaisir à vos rétines et à votre porte-monnaie. Parce que c'est là qu'il tatonne, expérimente ses flash de couleurs et s'emballe dans d'improbables scénarios gothiques autant marqués par Edgar Alan Poe (auteur qu'il a le plus adapté) que Mary Shelley. L'essentiel des récits avaient déjà été traduits en Français mais n'étaient disponibles que dans de vieux recueils à prix prohibitifs parus chez Neptune ou aux éditions du Triton.

Nicolas Mollé 

Eerie and Creepy présentent Richard Corben vol.1 (Delirium)

samedi 12 octobre 2013

Kamandi Tome 1

Voilà près de 500 pages qu'on peut facilement avaler d'un trait. Le premier et meilleur des deux tomes de l'intégrale de Kamandi par Jack Kirby sort traduit en français. Mais on peut continuer de lui préférer largement la version américaine, qui préserve la puissance des onomatopées et le rythme insensé des dialogues. Ce récit feuilletonesque voit se succèder un feu d'artifice de scènes de pugilats qui s'enchaînent comme une série d'uppercuts, avant qu'on ait le temps de reprendre son souffle.

Avec des personnages poussés dans les retranchements de leurs proportions graphiques, éclatés contre le béton ou le bois, cabrés sous le feu des explosions et des balles de gros calibre.

L'oeuvre de Kirby est aussi étonnament bavarde. Le phylactère est au service de l'action, il lui sert de contrepoint, de virgule phonétique.

Kamandi, c'est Rahan fils de Crao perdu sur la Planète des Singes. Avec une trame ultra basique, un jeune homme blond aux cheveux longs qui tente de se frayer un chemin dans un univers post-apocalyptique hanté par des mutants hommes animaux.

On ne cherchera pas de quelconque sous texte philosophique ou idéologique à cet étrange anthropomorphisme.

Kamandi est juste jouissif. Etrange récit peuplé de peluches géantes armées de gourdins qui a accompagné dans l'adolescence une génération de fans de comics.

Postulat pretexte aux corps à corps les plus délirants et aux disgressions les plus lunatiques, comme celle du germe tueur et de la poupée/misfit au cerveau hypertrophié.

La jubilation qu'on éprouve à la lecture de Kamandi tient aussi à la maniaquerie avec laquelle Kirby parvient à recréer un monde clos et cohérent, allant même jusqu'à le cartographier.

Parmi ses récits les plus célèbres, Kamandi n'est pas considéré comme son chef d'oeuvre par les exégètes de Kirby. Dans son genre d'aventure à tiroirs haletante matinée de science-fiction toujours sur le fil du kitsch, on peut pourtant le considérer comme un aboutissement.

Kamandi Tome 1 Jack Kirby (Urban Comics).

Nicolas Mollé   
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