J'lui ai dit qu'j'suis dans le textile
Elle me regarde de haut en bas
Elle me dit "Arrête de me prendre pour une imbécile"
J'dois rejoindre mes copines on s'en va
J'lui dit attends un peu laisse-moi ton code PIN on s'revoit
...
T'es pas bonne si t'as pas de fesses t'as walou
Mon petit coeur tombe en panne sèche
Mais en dehors de ça
Au-delà du fait que tu es bonne
Je veux le coffre fort de ton coeur
Je veux tous les codes entrer dans ton cerveau
Sans effraction
Te faire aimer mauvais garçon
Oui, j'ai toujours eu un petit faible pour les nouveaux romantiques !
L'Amérique, l'Amérique, je veux l'avoir et je l'aurai
L'Amérique, l'Amérique, si c'est un rêve, je le saurai
Ah, bah, oui, c'est autre chose que les photos de barbecue party filtrées vintage avec Instagram par vos "amis" Facebook ou vos Twittos. N'oubliez pas de me pin-er, hein !
Putain de merde, j'me suis carrément planté avec le nouveau Villalobos : en fait, le chilien a bien accouché d'un énième chef-d'oeuvre. Suffisait juste de l'écouter ce Dependant And Happy. C'est bien là le problème avec Villalobos, pour apprécier ses disques, jamais très aimables au premier abord, on est obligé de les é-cou-ter. J'veux dire se poser dans son canapé, enfiler son casque audio, ne pas toucher à la zappette et se laisser embarquer pendant 1h20 (pour la version cd mixé que je préfère au triple maxis, durée 2h30, ça commence à faire !), le truc dingue, quoi !
Et son côté insupportable "je-fais-DJ-pute-toute-l'année-sur-des-yachts-privés-autour-de-Saint Barth" n'y changera rien, chef-d'oeuvre, je vous dis !
Ricardo Villalobos : Dependent And Happy (Perlon, 2012)
Premier (double) album des Seeds enregistré juste après le départ de Blixa Bargeld, Abattoir Blues / The Lyre Of Orpheus n'est clairement pas l'un des disques de Cave les plus cités mais ce n'est pourtant pas l'un des moins réussis, loin de là. Spell, au même titre que Carry Me qui le suit dans la tracklist, rappelle ce que Tindersticks fait le mieux: une musique lente et dépressive parvenant miraculeusement à vous rassurer tout au long de la nuit sombre.
True School Ways a eu la "mauvaise" idée de ressortir un vieux track d'Alias dans les commentaires d'un post d'Oedipe Purple à propos du dernier Randomer (je n'ose pas imaginer la personne qui débarquerait ici par hasard : "mais qué qui m'raconte, lui ?"). Du coup, j'vais passer ma soirée à essayer de remettre la main sur les compilations 100 Grime Instrumentalsqui dorment dans je ne sais plus quel disque dur, dure la vie ! Putain, on aura beau dire, c'est quand même autre chose que Joy Orbison !
NoMeansNo remixé par Shackleton, Deadbeat et Miles, l'un des deux Demdike Stare, sur un "limited edition 180 gram vinyl 12 inch" (on se calme, on se calme !), disponible uniquement lors des derniers concerts du groupe : voilà de quoi faire saliver le crate digger qui sommeille en vous !
NoMeansNo : Butchering The Sacred Cow Volume One (2012)
"Je suis toujours le plus grand dit Johnny Angelo", mon deuxième roman, publié alors que j'avais vingt et un ans, doit son inspiration à ma première rencontre avec P.J. Proby, l'une des plus phénoménales bêtes de scène de l'âge d'or du rock.
Texan, dont le modèle était John Wayne, Proby fit son apparition en Angleterre en 1964, et j'allai l'interviewer à son hôtel. Je venais juste de commencer à écrire sur le rock et jamais de ma vie je n'avais rencontré un personnage pareil ; à dire vrai, je n'ai plus jamais rencontré quelqu'un comme lui depuis. Ravagé mais beau, il était assis dans la pénombre de sa chambre, occupé à descendre du whisky-Coca par seaux et à ruminer sur les injustices de la vie. Puis il commença à parler, et continua pendant toute l'après-midi sans s'arrêter. Il parlait de lui non comme d'un être humain en chair et en os, mais comme d'un guerrier héroïque légendaire, persécuté, magnifique, maudit.
Quand je me suis retrouvé dans la rue, chancelant, ivre de mots, je sus que j'avais reçu en cadeau l'ossature d'un livre.
Johnny Angelo n'est pas tout à fait Proby, mais une improvisation personnelle à partir de la vision que j'ai eue de Proby, suivant le héros depuis sa petite enfance jusqu'à son statut de star divine, puis à sa fin épique.
Note : il y a quelques années, je me suis retrouvé par hasard à flâner dans une librairie poussiéreuse d'une petite ville de campagne sur la côte ouest de l'Irlande. A côté des volumes courants, la librairie proposait un choix de pornos. Un ouvrage, perché sur la plus haute étagère, attira mon regard. Son auteur ? "Johnny Angelo".
Nik Cohn, Décembre 2001.
Quand on lui demandait :
"Quels sont vos traits de caractère ?" Johnny répondait :
"Je suis très sensible. Parfois presque trop sensible- je suis une feuille emportée par le vent, un nerf à vif, et un simple souffle peut me blesser."
Et à "Quelle est la nature de votre charme ?"
Johnny disait : " Je suis le monde des rêves, les Mille et une Nuits, et je suis toutes les choses à la fois, tous les héros et tous les scélérats réunis."
Nik Cohn, Je suis toujours le plus grand dit Johnny Angelo, Editions Allia, 2002.